OCTOMORE - 16.2 - Edition 2025 - 58,1%
La distillerie Bruichladdich, installée sur l’île d’Islay, s’est imposée comme l’une des maisons les plus respectées du whisky écossais contemporain, grâce à une philosophie de transparence et un goût assumé pour l’expérimentation. Sous la direction d’Adam Hannett, la gamme Octomore pousse la tourbe dans ses retranchements tout en conservant une lecture étonnamment précise du distillat, du bois et du caractère maritime d’Islay. Chaque édition est pensée comme une variation, avec un cahier des charges clair et des choix d’élevage qui ne sont jamais décoratifs. Octomore n’est pas une démonstration gratuite, mais une signature : puissance, netteté, complexité. La série 16 en est une illustration brillante, où chaque version explore un angle différent du même esprit.
Octomore 16.2 – Édition 2025 – 58,1 % reprend le même lot d’orge écossaise maltée à 101,4 ppm, mais change radicalement de trajectoire par le jeu des fûts. Il est d’abord vieilli dans une sélection de fûts d’Oloroso et de Bordeaux, avant d’être affiné en fûts de Madère et de Moscatel portugais, une construction pensée pour apporter relief, douceur et profondeur sans éteindre la fumée. Cette édition n’est donc pas un “Octomore au vin rouge” au sens strict, mais une cuvée bâtie sur un dialogue entre vins fortifiés, influence bordelaise et tourbe maîtrisée. Le résultat cherche l’équilibre entre gourmandise, tension et fumée de feu de camp, avec une complexité plus épicée et plus pâtissière que la 16.1. C’est une lecture plus “cask-driven”, mais toujours cohérente et lisible.
À la dégustation, Octomore 16.2 se montre immédiatement plus ample et plus généreux, avec une fumée douce qui enveloppe plutôt qu’elle n’écrase. Le nez évoque le sucre caramélisé, les noix grillées et les fruits secs, soulignés par une touche saline et une fumée chaleureuse. En bouche, la tourbe se fond dans une texture riche, où s’entrelacent notes vineuses, épices et gourmandise, sans perdre la fraîcheur maritime d’Islay. L’équilibre est particulièrement séduisant : l’alcool apporte de l’énergie, mais la maturité aromatique arrondit l’ensemble. La finale s’étire longuement sur la fumée, les fruits secs et une sensation épicée, presque “dessert sec” très gastronomique. À proposer pur après aération, et superbe en accord avec chocolat noir, desserts aux fruits secs, ou un fromage affiné à pâte dure.