Domaine Naudin-Ferrand - Bellis Perennis 2024
À Magny-lès-Villers, entre Nuits-Saint-Georges et Beaune, le Domaine Naudin-Ferrand appartient à ces propriétés bourguignonnes dont l’histoire se confond avec celle des Hautes-Côtes. Développé après la naissance officielle de l’appellation en 1961, le domaine s’étend aujourd’hui sur environ 22 hectares, dont une large majorité en appellations régionales des Hautes-Côtes, complétées par quelques beaux terroirs de villages, premiers crus et grand cru. Claire Naudin y poursuit un travail très personnel, attentif aux maturités, aux équilibres naturels et à une vinification qui refuse les recettes toutes faites. La propriété s’est progressivement distinguée par des vins au style libre, précis, souvent vinifiés avec très peu d’intrants, dans une recherche de sincérité plus que de conformité. Bellis Perennis 2024 s’inscrit dans cette veine, celle d’un blanc de Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune qui cherche moins la séduction immédiate qu’une expression tendue, vivante et profondément digeste du Chardonnay. Dans cette zone d’altitude relative, le cépage conserve une fraîcheur particulière, une énergie de fruit et une acidité naturelle qui donnent au vin son relief. Ce millésime 2024, marqué ici par une production limitée, révèle une bouteille à la fois sérieuse, salivante et très bourguignonne dans son équilibre.
Cette cuvée Nature est issue de Chardonnay, provenant de deux parcelles sélectionnées pour leur capacité à exprimer l’appellation avec finesse. “En Daisey”, située à Magny-lès-Villers, et “En Bully”, sur la commune de Pernand-Vergelesses, sont toutes deux exposées plein sud, ce qui apporte au vin une maturité juste sans renoncer à la fraîcheur des Hautes-Côtes. Les vignes âgées de 42 ans couvrent un peu plus d’un hectare, avec un rendement très faible de 15 hl/ha et seulement 2 045 bouteilles produites. Les raisins ont été vendangés manuellement les 20 et 21 septembre 2024, puis pressés entiers, lentement et à basse pression, afin de travailler la matière avec délicatesse. La fermentation alcoolique et la fermentation malolactique se déroulent naturellement en fûts, suivies d’un élevage de 12 mois sur lies. L’élevage comprend 28 % de fûts neufs, suffisamment présent pour structurer le vin, mais contrebalancé par la fraîcheur du fruit et la tension du millésime. La mise en bouteille, réalisée sans filtration en janvier 2026, conserve l’esprit vivant de cette cuvée tout en bénéficiant d’un apport très modéré de sulfites pour accompagner le transport et le vieillissement.
La robe se présente dans un jaune pâle lumineux, assez retenu malgré l’élevage sous bois. Le nez s’ouvre sur les agrumes mûrs, le citron frais, la poire, l’amande blanche et une nuance de pierre humide, puis laisse apparaître une touche toastée discrète, héritée de l’élevage en fût. En bouche, le vin montre une structure nette, avec une matière plus tendue qu’opulente et un équilibre construit autour d’une sensation acide-saline très appétente. Le Chardonnay gagne ici en relief grâce à une fraîcheur précise, presque cristalline, qui allonge le vin et donne du rythme à la finale. Le bois, encore perceptible dans sa jeunesse, apporte du cadre sans alourdir l’ensemble, tandis que le fruit de 2024 conserve un éclat particulièrement agréable. Cette cuvée trouvera naturellement sa place avec des poissons de rivière, des ormeaux, une volaille de Bresse rôtie, des quenelles de veau, un risotto safrané ou un chèvre très sec. Servi autour de 10 à 12°C, il gagnera à être ouvert une à deux heures avant le repas, voire légèrement carafé si le gaz carbonique se montre encore présent.
Cépage : Chardonnay