OCTOMORE - 16.3 - Edition 2025 - 61,6%
La distillerie Bruichladdich, sur l’île d’Islay, signe avec Octomore l’une des sagas les plus iconoclastes du whisky contemporain. Le but est de pousser la tourbe à l’extrême tout en conservant une lecture lisible du terroir et de la matière première. Derrière cette approche, on retrouve une philosophie de transparence chère à la maison, où l’origine de l’orge, l’élevage et les choix techniques ne sont pas des détails, mais le cœur du style. Dans la série 16, la version 16.3 est pensée comme une expression “de lieu”, plus terrienne et céréalière, qui met l’accent sur l’empreinte agricole d’Islay. C’est un Octomore qui parle autant de fumée que de grain, avec une tension saline typique de l’île. Une bouteille taillée pour les amateurs qui cherchent de la puissance, mais aussi du sens.
Octomore 16.3 – Édition 2025 – 61,6 % est élaboré à partir d’orge Concerto cultivée sur un seul champ (Church Field) de la ferme Octomore, puis tourbée à un niveau annoncé de 189,5 ppm (mesure au malt). La maturation est annoncée sur environ 5 ans dans une combinaison de fûts de bourbon, de Sauternes et de Pedro Ximénez, un trio pensé pour apporter de la texture et du relief gourmand sans “maquiller” la trame fumée. Embouteillé à son degré naturel, sans filtration à froid ni coloration, il conserve une intensité brute, mais avec une architecture plus nuancée que ne le laisse imaginer sa réputation.
À la dégustation, le 16.3 joue sur une fumée présente mais étonnamment maîtrisée, portée par une matière céréalière miellée et une fraîcheur d’agrumes. On retrouve des notes de pain chaud, de sucre d’orge, de zeste de citron, puis des touches plus riches, pâtissières et vineuses, qui rappellent la complexité des finitions en fûts doux. La bouche est ample, huileuse, avec une tourbe plus “terreuse” que strictement médicinale, et une salinité qui retend l’ensemble. La finale s’étire longuement, entre cendre fine, fruits secs et épices douces, sans lourdeur. À proposer pur, dans un verre adapté, avec un peu de repos — et, pour les curieux, une goutte d’eau peut révéler la dimension florale et céréalière derrière la fumée.