Armagnac Laterrade - 25 ans - Brut de Fût - 42%
À Mauvezin-d’Armagnac, la maison Laterrade cultive une vision profondément gasconne des eaux-de-vie : préserver leur origine, leur histoire et la singularité acquise au fil des décennies sous bois. Sommelier de formation, Vincent Laterrade s’est forgé une réputation de « chasseur de trésors » en parcourant les chais à la recherche de fûts oubliés et de stocks anciens demeurés dans les familles de producteurs. Cette connaissance intime du vignoble lui a permis de réunir une collection de millésimes remontant jusqu’en 1904, avec une continuité remarquable depuis 1959. Les eaux-de-vie millésimées restent attachées à un domaine identifié, tandis que les assemblages sont composés avec la même recherche de traçabilité et de cohérence. Le chai accueille également les armagnacs produits par la maison à partir de raisins issus de l’agriculture biologique depuis 2017. Paulina Laterrade accompagne aujourd’hui le développement commercial, tandis qu’Alexandra rejoint progressivement cette aventure familiale. Derrière la diversité des origines et des âges demeure une ligne constante : laisser le fruit, le bois et le temps s’exprimer sans maquillage.
Cet Armagnac de 25 ans assemble des eaux-de-vie issues du Bas-Armagnac landais et de la Ténarèze, deux terroirs complémentaires de la région. Les sables fauves du premier sont recherchés pour la finesse et le caractère fruité qu’ils peuvent transmettre, tandis que les boulbènes et les sols argilo-calcaires de la seconde apportent volontiers davantage de structure et de profondeur. Le Baco et l’Ugni blanc entrent dans sa composition, avant une distillation traditionnelle armagnacaise à simple passe. L’eau-de-vie la plus jeune de l’assemblage a vieilli plus de vingt-cinq années en barrique, durée durant laquelle l’alcool, le bois et l’oxygène ont lentement trouvé leur point d’accord. Vincent Laterrade sélectionne notamment d’anciennes « pièces oubliées », dont le degré a naturellement diminué au cours d’un très long séjour en chai. Leur association avec d’autres vieux armagnacs permet d’atteindre naturellement 42 %, sans ajout d’eau destiné à ajuster le titre alcoolique. La mise en bouteille est réalisée sans réduction, sans coloration et sans filtration, afin de conserver la matière et les nuances propres à l’assemblage.
La robe se présente dans un registre ambré profond, parcouru de reflets cuivrés et d’acajou. Le nez s’ouvre progressivement sur la prune confite, la figue sèche et l’écorce d’orange, accompagnées de nuances de cire, de noix et de tabac blond. Avec l’aération apparaissent des tonalités plus sombres de cacao, de réglisse douce, de cannelle et de bois ancien, sans que l’élevage efface le fruit. La bouche possède l’ampleur attendue d’un armagnac longuement mûri, mais le degré naturel de 42 % lui conserve une expression souple et posée. Les fruits compotés côtoient l’amande grillée, le café, les épices brunes et une touche de rancio délicat, dans une texture à la fois enveloppante et précise. La finale s’étire sur la noix, les agrumes séchés et un boisé patiné, avec une chaleur régulière plutôt qu’une sensation de puissance. Quelques minutes dans le verre lui permettent de gagner en détail ; il accompagnera une croustade aux pommes, un dessert au chocolat noir, des pruneaux au vin rouge ou un vieux comté, mais mérite également d’être dégusté seul en fin de repas.
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